Élaboration des lignes directrices

Gouvernance

Le Comité des Lignes directrices canadiennes en santé respiratoire (CLDSR) est un comité permanent qui supervise notre processus standardisé pour l’élaboration de lignes directrices et qui fournit une formation et une expertise en application des connaissances aux Groupes de travail sur les lignes directrices des Assemblées de la SCT. Le président du CLDSR agit comme représentant auprès du conseil d’administration de la SCT, où il fait état des progrès des Assemblées impliquées dans l’élaboration de lignes directrices de pratique clinique.

Les Assemblées de la SCT sont des groupes d’intérêt multipartites axés sur des domaines cliniques spécifiques de la santé respiratoire. Chaque Assemblée a un rôle consultatif auprès du conseil d’administration de la SCT et de ses Comités permanents. Les Assemblées identifient et développent des priorités et programmes en matière de recherche, d’éducation et de développement professionnel continu, en plus de produire des lignes directrices en santé respiratoire ainsi que leurs ressources et outils correspondants. 

Le conseil d’administration de la SCT nomme des présidents ou des coprésidents qui sélectionnent à leur tour les membres du panel qui sont des experts dans leur domaine clinique afin de superviser l’élaboration des lignes directrices et des documents d’orientation, conformément aux politiques et procédures de la SCT. La SCT veille à ce que des membres en début de carrière participent activement à l’élaboration des lignes directrices et aux projets d’application des connaissances des Assemblées.

Processus et méthodologie d’élaboration des lignes directrices

Le Manuel de production de la SCT aborde l’ensemble des politiques, procédures et processus d’approbation relatifs à l’élaboration de lignes directrices. Il décrit également les méthodes et outils validés par la SCT pour la standardisation de l’élaboration des lignes directrices. La méthode PICO est utilisée pour formuler des questions cliniques optimales. L’instrument AGREE II sert de guide à l’élaboration et de mesure d’évaluation pendant le processus d’examen. De plus, la SCT a adopté l’échelle GRADE pour le pointage de la force des recommandations et de la qualité des preuves.

Applicabilité intrinsèque

Afin d’assurer l’efficacité des initiatives d’élaboration des politiques en aval, la SCT évalue l’« applicabilité » intrinsèque des lignes directrices dès le stade de la production. Ceci implique divers éléments:

Les Groupes de travail sur les lignes directrices sont encouragés à évaluer l’applicabilité et à solliciter les rétroactions d’utilisateurs des connaissances dès le début de la production des lignes directrices. Au moment de sélectionner les questions cliniques à aborder dans les lignes directrices, les élaborateurs de lignes directrices sont invités à consulter des utilisateurs finaux quant aux questions qui seraient les plus pertinentes, et à considérer les facteurs suivants influençant l’applicabilité : l’ampleur de l’écart entre les connaissances et les soins; le(s) public(s) cible(s); les obstacles et les facilitateurs connus de l’application; les stratégies d’application possibles; l’impact sociétal; et les indicateurs pertinents à l’évaluation de la réussite du programme d’application.

Les lignes directrices incluront une section consacrée à l’AC, décrivant ces facteurs en lien avec chaque recommandation considérée par les élaborateurs comme étant prioritaire pour les activités d’AC. 

Les caractéristiques « intrinsèques » à la rédaction et à la présentation d’une ligne directrice influencent également la perception des utilisateurs et l’usage de la ligne directrice. Par conséquent, les élaborateurs de lignes directrices tiendront compte des éléments pertinents au langage et au format, dans le GUIDE-M (fondé sur les données), et assureront l’optimisation du langage et du format des recommandations avant la finalisation des lignes directrices.

Le Cadre de travail de la SCT pour la dissémination et l’application des lignes directrices, avec évaluation simultanée, comprend trois sphères d’action : la production des lignes directrices, l’infrastructure de mise en œuvre et le soutien méthodologique à l’application des connaissances (AC). Les composantes du Cadre de travail de la SCT visent à soutenir les Groupes de travail sur les Lignes directrices dans la planification, la conception et la réalisation d’activités d’AC, du début à la fin du cycle de production, d’application et d’évaluation objective des lignes directrices.

En 2006, Graham et ses collègues ont étudié plus de 60 modèles d’action planifiée, en caractérisant leurs points en commun afin de développer un cadre de travail complet et pratique pour les activités d’AC. Cette approche « des connaissances à l’action » a été largement adoptée par des chercheurs en mise en œuvre et est recommandée par les Instituts de recherche en santé du Canada; elle constitue le modèle utilisé par la SCT pour conceptualiser et développer des interventions d’AC.

L’applicabilité est un construit multidimensionnel formé d’un ensemble de caractéristiques. Afin de faciliter l’utilisation des lignes directrices, le processus d’élaboration a deux buts principaux : la création de contenu et la communication de celui-ci 

Les quatre aspects de la création de contenu sont l’implication des dépositaires d’enjeux, la synthèse des preuves, le jugement réfléchi dans la formulation des recommandations et la faisabilité. Les deux volets de communication du contenu concernent le peaufinage du message et de sa forme.

Le langage utilisé dans les recommandations des lignes directrices ou dans les messages clés doit être simple, clair et persuasif afin de réduire la charge cognitive, d’accroître la compréhension et la rétention et d’apporter des arguments convaincants et marquants. Par ailleurs, le niveau de complexité est inversement proportionnel à l’adoption générale des lignes directrices et à l’application des recommandations. Parallèlement, certains aspects du formatage des lignes directrices peuvent favoriser leur utilisation dans la pratique. Ceci inclut des éléments de présentation comme une mise en page conviviale (p. ex., tenir compte de la longueur du document et du positionnement des éléments visuels), la structure (p. ex., regrouper l’information et imiter l’ordre et l’enchaînement des recommandations de pratiques concrètes), et les meilleures façons de visualiser l’information (p. ex., véhiculer les recommandations complexes à l’aide de tableaux, graphiques et organigrammes).

Conflits d’intérêts

Les développeurs de nos lignes directrices sont indépendants de toute source de financement de la SCT, sur les plans fonctionnel et éditorial, et ne reçoivent pas de fonds directs de sources externes. La SCT reçoit des subventions sans restrictions qui sont centralisées dans un compte d’opérations, facilitant les activités d’application des connaissances des Assemblées. Aucun bailleur de fonds n’intervient dans la collecte, l’examen, l’analyse ou l’interprétation de la littérature scientifique ni dans aucune décision relative aux messages clés des documents.

Les membres des groupes de travail sur les lignes directrices de la SCT déclarent leurs conflits d’intérêts potentiels au moment de leur nomination et les tiennent à jour tout au long du processus, conformément à la Politique de la SCT sur la divulgation des conflits d’intérêts. Les déclarations des membres concernant leurs conflits d’intérêts sont accessibles dans notre collection de lignes directrices.